Le Venezuela se noie dans son pétrole

Inflation hors de contrôle et aggravation des pénuries

vendredi 1er novembre 2013

  LE MONDE DIPLOMATIQUE     WILPERT Gregory

En septembre dernier, Caracas a réglé une partie de ses importations de nourriture en bons du Trésor ; un indice alarmant suggérant que le pays manque de devises. Certes, le gouvernement a multiplié les erreurs de pilotage. Mais le Venezuela, qui bénéficie des plus importantes réserves de pétrole du monde, souffre également de sa richesse : une rente qui sort du pays sans en irriguer l’économie.

De toute évidence, quelque chose ne va pas. Files d’attente interminables à l’entrée des magasins pour s’approvisionner en produits de base tels que lait, farine, huile ou papier toilette ; essor d’une économie parallèle où des vendeurs de rue proposent les mêmes biens à des prix prohibitifs. Si les Vénézuéliens souffrent de pénuries ponctuelles depuis déjà fort longtemps, l’aggravation du mal depuis le début de l’année a pris chacun au dépourvu. Elle accable d’autant plus la population qu’elle s’ajoute aux problèmes d’infrastructure qui provoquent des coupures d’eau et d’électricité. Ceux qui le peuvent remplissent leur baignoire pour constituer des réserves, et tout le monde prie pour ne pas perdre le contenu de son congélateur…

Ces dernières semaines, le gouvernement a annoncé chaque jour ou presque de nouvelles mesures, promettant de remédier à l’inflation et aux pénuries. La cause de ces difficultés et les réponses qu’elles appellent font l’objet de controverses passionnées. Tandis que le régime bolivarien dénonce un sabotage économique perpétré conjointement par l’opposition, les milieux d’affaires et l’administration américaine, la droite incrimine l’incurie du président Nicolas Maduro et de son équipe. La polémique ne fait cependant qu’effleurer le cœur du problème, qui est de savoir comment le Venezuela, l’un des plus gros producteurs de pétrole de la planète, devrait gérer la manne qu’il tire de ses ressources naturelles.

Lire la suite sur le site du Monde diplomatique.