L’austérité faute de mieux

jeudi 2 mars 1989

  JOURNAL DE GENÈVE     GARCIN Pascal     PEREZ Carlos Andres

Le pays le plus prospère d Amérique latine, le Venezuela, sombre à son tour dans la crise de l’endettement. C’est ce que révèlent les émeutes sanglantes qui se déroulent depuis le début de la semaine dans ce pays. C’est manifestement le signe que le monde a changé au cours des quinze dernières années. Ainsi, l’un des plus grands pays producteurs de pétrole du monde - membre éminent de l’OPEP - est contraint de recourir aux ressources du Fonds monétaire international (FMI) et d’obéir à ses lois.

Ce changement est d’ailleurs illustré par le comportement de celui qui cumule les titres d’ancien et de nouveau président. Carlos Andres Perez, qui est revenu au pouvoir il y a exactement un mois, le 2 février dernier, fut, dans la seconde moitié des années septante, le président du boom pétrolier. Or, celui qui parlait alors de nationalisation et du rôle moteur des investissements publics défend aujourd’hui les thèses libérales ambiantes, en insistant sur les mécanismes du marché et sur une diminution du rôle de l’Etat.