Les élections sont placées sous la menace d’un putsch

L’ex-président Rafael Caldera part favori pour les présidentielles

samedi 4 décembre 1993

  PISANI Francis     CALDERA Rafael     CHAVEZ Hugo     JOURNAL DE GENÈVE

L’armee veille et, pour assurer le bon déroulement des élections générales de dimanche, elle a mis en place le Plan république qui prévoit le déploiement des troupes devant les centres névralgiques du pays pour empêcher... un coup d’Etat militaire. Jeudi dernier, les services secrets de l’armée auraient fait avorter un plan subversif destiné à saboter les élections. C’est le genre de situation absurde où plus le ministre de la Défense, lui-méme amiral, jure que le calme règne dans les casernes, plus on aurait tendance à s’inquiéter.

La tension est telle que les autorités civiles de Guatire à 35 km à l’est de Caracas ont fait arrêter une trentaine de suspects en uniformes, dotés d’armes à feu et d’un équipement bizarre. Vérification faite, l’équipe était en train de tourner un film sur les soulèvements... de l’année dernière. Même Washington prend le risque au sérieux. Le président Bill Clinton a envoyé son sous-secrétaire d’Etat aux Affaires interamèricaines se faire photographier avec les principaux candidats et dire qu’un coup d’Etat militaire condamnerait le pays à l’isolement.

Deux fois en 1992 les soldats sont sortis des casernes. Contenus par les généraux loyalistes (au prix de 300 morts), ils exprimaient un ras-le-bol populaire qui demeure. Même ceux qui les ont combattus les considèrent comme « responsables mais pas coupables ».