Les Vénézuéliens retrouvent leurs droits après un an de régime d’exception

Face au mécontentement populaire, le président Rafael Caldera s’est vu forcé de rétablir les droits fondamentaux. Leur suppression pendant plus d’un an n’a pas empêché le Venezuela de s’enfoncer dans la crise.

samedi 8 juillet 1995

  CALDERA Rafael     JOURNAL DE GENÈVE     LEMA Luis

Cela faisait plus d’un an que les Vé­nézuéliens étaient privés des liber­
tés fondamentales. Pour que prennent fin les arrestations ou les per­quisitions arbitraires, il leur aura fallu attendre que la popularité du président Rafael Caldera chute au plus bas. Car cette chute a été sévère : alors que le pré­sident chrétien-social bénéficiait il y a à peine cinq mois d’une popularité de 72%, elle est â présent à 38%. Et rien ne laisse supposer que cette tendance va s’inverser malgré le rétablissement, jeudi, des droits garantis par la Constitution.
Le Venezuela connaît en effet une vé­ritable descente aux enfers. Autrefois l’un des pays les plus stables et les plus riches de l’Amérique latine, il n’a cessé de sombrer à la suite des « émeutes de la faim » de 1989, qui firent 400 morts. L’instabilité politique, la corruption et l’insécurité y régnent désormais en maîtres. A tel point que Caracas est de­venue l’une des villes les plus dange­reuses de la région et se trouve presque en état de siège.

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