Miss Univers, des podiums aux urnes

Elue maire en 1992, Irene Saez, ex-reine de beauté, brigue la présidence du Venezuela.

vendredi 11 octobre 1996

  SAEZ Irene     LIBERATION     PEREIRA Claude

Cent quatre-vingt-cinq centimètres sous la toise, 60 kg sur la bascule, 92 cm de tour de poitrine, 58 cm de tour de taille, et 96 cm de tour de hanche : Irene Saez, maire de Chacao ­ l’un des municipios (communes de Caracas), et, officiellement depuis mercredi, candidate à la présidentielle de 1998 , est capable de se remémorer, sans note, les mensurations de ses années paillettes. Celles qui lui permirent, en 1981, de décrocher la couronne de miss Univers et d’être considérée, l’espace d’une année, comme la plus belle créature du monde. « Ce sont toujours un peu mes chiffres fétiches, observe, amusée, la jeune femme, savez-vous que 185, c’est en milliers, le nombre d’habitants recensés à Chacao, que j’ai fait chuter l’indice de la criminalité de 60%, que je suis maire depuis 1992, que j’ai développé de 58% les effectifs policiers de ma commune et qu’enfin Irene Saez a été réélue premier magistrat avec 96% des voix" ». Une élection à la Brejnev qui n’a pourtant été entachée d’aucune de ces irrégularités qui donnent leur piment aux consultations électorales latino-américaines. L’ancienne miss ne dédaigne pas, au demeurant, de parler d’elle-même à la troisième personne, surtout depuis qu’elle s’est reconvertie dans la vie politique, au début des années 90, en faisant fructifier adroitement l’énorme capital de sympathie dont jouissent ici les reines de beauté.

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