Les gangsters sacrés du Venezuela

The VICE Guide to Travel

mardi 1er mars 2011

  STELLEY Santiago     VICE.COM

L’ironie de l’histoire, c’est qu’Ismael était, de son vivant et de l’avis de tous, un criminel invétéré. Il gagnait sa vie en volant, mais ses adeptes précisent tous qu’il menait sa carrière de voleur en conservant une approche similaire à celle de Robin des Bois.

« Tout ce qu’il a jamais volé, c’était pour le peuple, pour les siens, pour que tout le monde puisse manger à sa faim », explique Ramon, le gardien officieux de l’enclos d’Ismael. Sa casquette des Rays de Tampa Bay vissée sur le crâne, il s’est assuré que nous enregistrions bien les vertus d’Ismael : « Les gens lui apportent de l’alcool, des cigarettes, des fruits et des gâteaux. »

Ismael est le chef de la cour, mais les autres membres sont également révérés : Isabelita aide à faire régner la justice, Tomasito s’occupe des conflits de loyauté, et ainsi de suite pour les autres : Johnny, Elizabeth, Ratón et Petroleo Crudo (en français « Pétrole Brut », le noir de la bande).

Alors qu’on discutait avec des kids qui venaient de terminer leur journée de travail, des rafales de tirs d’arme automatique se sont fait entendre alentour. Les kids ont détalé. On les a suivi de près.

En bas du cimetière, on est passés devant une devanture remplie de statuettes de toutes tailles des Gangsters Sacrés. À l’intérieur, on a rencontré Clara, une as du spiritisme qui nous a proposé d’invoquer Ismael pour nous. On lui a demandé si elle ne trouvait pas ça troublant que dans un pays si violent, tant de gens vouent un culte à un gang de criminels armés. Elle nous a dit que non, que les malandros n’étaient que des instruments au service du Bien. Ensuite, elle et Ismael m’ont dit que je possédais une bonne aura et que je devrais visiter les pyramides égyptiennes.